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Homélie pour le
sixième dimanche de Pâques - Année C - Jn. 14, 23-29
par
le Père Daniel Meynen
"Jésus disait :
«Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père
l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre
demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Mais la
parole que vous entendez n'est pas de moi ; elle est du Père qui
m'a envoyé.
"«Je vous ai dit ces
choses, tandis que je demeure encore avec vous. Mais le Paraclet,
l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera
toutes choses et vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai
dit.
"«Je vous laisse la
paix ; je vous donne ma paix à moi, et je ne vous la donne pas
comme la donne le monde. Votre coeur ne doit ni se troubler ni
s'alarmer. Vous m'avez entendu dire : Je m'en vais, et je reviens
à vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que
je vais auprès du Père, car le Père est plus grand
que moi. Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles
n'arrivent, afin que, lorsqu'elles seront arrivées, vous
croyiez.»"
Homélie :
"Jésus disait :
«Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père
l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre
demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles.»"
Toute notre vie, toute
notre vie de chrétien consiste à aimer Dieu de tout notre
coeur, de toute notre âme, de toute notre force. Nous n'avons pas
d'autre but à atteindre : si nous manquons celui-là,
toute notre vie est vaine, toute notre vie est perdue. "Celui qui ne
m'aime pas ne garde point mes paroles." Cela veut dire que celui qui
n'aime pas Dieu n'a pas en lui les paroles de la vie éternelle
(cf. Jn. 6, 68). Or, celui qui n'aime pas Dieu aime
nécessairement autre chose que Dieu, car l'homme est fait pour
aimer : l'amour est au fond de tout être humain pour le motiver
à agir. Oui, si l'homme n'aime pas Dieu, il aime autre chose que
Dieu. Cet autre chose, c'est ce que Saint Jean appelle "le monde" : "Si
quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui." (1
Jn. 2, 15)
Toute notre vie consiste
à aimer Dieu et à l'aimer lui seul ! Si nous faisons
ainsi, Dieu viendra en nous pour y faire sa demeure. Cela se
réalise en celui qui communie dignement au Corps et au Sang du
Christ : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et
moi en lui." (Jn. 6, 56) Car, l'Eucharistie est le sacrement de
l'absolu, le sacrement qui demande que l'on n'aime que Dieu seul, par
dessus toutes choses. Celui qui aime le monde ne peut pas communier
avec fruit à l'Eucharistie. Mais celui qui aime Jésus
seul et pour lui seul reçoit en lui la vie éternelle et
il échappe à la condamnation parce que toute son
âme et tout son corps sont purs aux yeux de Dieu : "Celui qui
écoute ma parole, dit Jésus, et qui croit à celui
qui m'a envoyé, a la vie éternelle, et il échappe
à la condamnation : il est passé de la mort à la
vie." (Jn. 5, 24)
"«Le Paraclet,
l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera
toutes choses et vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai
dit.»"
Pour nous aider à
conserver l'amour de Dieu, et pour nous encourager à
croître sans cesse dans cet amour, le Père, conjointement
avec le Fils, nous envoie son Esprit. Il le fit une première
fois le jour de la Pentecôte. Il continue de le faire tout au
long de la vie de l'Eglise, notamment au cours de chaque
célébration eucharistique. Car l'Eucharistie, en tant que
mémorial du Seigneur, nous permet, par le moyen de la puissance
de ce sacrement, de nous souvenir du Christ en personne,
c'est-à-dire de la Parole de Dieu que le Christ est par essence.
Là où l'Esprit du Seigneur nous remet en mémoire
la Parole qui est le Christ, c'est la célébration de
l'Eucharistie.
"«Vous m'avez entendu
dire : Je m'en vais, et je reviens à vous. Si vous m'aimiez,
vous vous réjouiriez de ce que je vais auprès du
Père, car le Père est plus grand que moi.»"
Paradoxe des paradoxes !
Jésus vient de dire : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole
et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui," et,
maintenant, si nous l'aimons, nous devons trouver notre joie et notre
consolation dans son départ et dans son absence ! Paradoxe,
peut-être... Mais pas tout à fait. Car il y a un lien
très étroit entre le départ du Christ et son
retour : "Je m'en vais et je reviens à vous," dit Jésus.
Il y a un lien entre le départ du Christ et son retour, car le
départ de Jésus le jour de son Ascension au Ciel n'est
que le signe de son Retour à la fin des temps : "Ce Jésus
qui vient de vous être enlevé vers le ciel, en reviendra
de la même manière que vous l'y avez vu monter." (Ac. 1,
11) Mais le plus important pour nous, qui vivons maintenant, c'est que,
dans chaque Eucharistie, le Christ revient déjà, il
anticipe en quelque sorte sa seconde venue.
Préparons donc notre
coeur à recevoir Jésus en nous. Recevons-le avec un grand
amour. Demandons à l'Esprit-Saint de nous aider de sa puissance
: que Marie, son Epouse mystique intercède pour nous en ce sens !
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