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Homélie
pour le dixième Dimanche dans l'Année Os 6, 3-6 - Rm 4, 18-25 - Mt 9, 9-13 par le Chanoine Dr. Daniel Meynen
La grande miséricorde de Dieu
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Os 6, 3-6
Os 6, 3, «Appliquons-nous à connaître le Seigneur ; sa venue est certaine comme celle de l'aurore ; il nous arrivera comme la pluie, comme l'ondée du printemps, qui arrose la terre.» 4, Comment te traiter, Éphraïm ? Comment te traiter, Juda ? Votre tendresse est comme le nuage du matin, comme la rosée qui se dissipe de bonne heure. 5, C'est pourquoi je les ai châtiés par les prophètes, je les ai tués par les paroles de ma bouche, et mon jugement s'élance comme l'éclair. 6, Car je désire l'amour et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.
Le Prophète Osée, que nous lisons aujourd'hui dans la première lecture, vécut au milieu du VIIIe siècle avant notre ère. Si Jésus le cite dans l'évangile de ce dimanche, ce n'est pas sans raison : Osée est le Prophète de l'extrême, le Prophète qui veut montrer au Peuple de Dieu combien est grande, immense, démesurée la miséricorde du Seigneur, face à la multitude des péchés du peuple et au grand nombre de ses infidélités. "Je désire la miséricorde (l'amour) et non les sacrifices." (Os. 6, 6)
Assurément, la miséricorde de Dieu n'est pas du tout démesurée. La miséricorde de Dieu est à la mesure de Dieu lui-même : elle est infinie. Ce qui permet de comprendre que nous ne pouvons pas la comprendre ! Car ce qui est infini dépasse les capacités de notre intelligence naturelle, qui est finie. Il nous faut donc passer à un niveau supérieur : celui de l'intelligence surnaturelle, c'est-à-dire celui de la foi ! Seule la foi en Dieu nous permet de comprendre, et surtout de goûter spirituellement, combien est grande la miséricorde de Dieu.
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Rm 4, 18-25
Rm 4, 18, Espérant contre toute espérance, Abraham fut croyant, et devint ainsi le père d'un grand nombre de nations selon ce qui lui avait été dit : "Telle sera ta postérité." (Gn 15, 5) 19, En gardant une foi inébranlable, il considéra son corps déjà usé - il avait quasi cent ans - et le sein de Sara lui aussi épuisé. 20, Devant la promesse divine, il fut sans hésitation ni défiance, mais se tint ferme en la foi et rendit gloire à Dieu. 21, Il avait la pleine conviction que ce que Dieu a promis, il peut aussi l'accomplir. 22, Et voilà pourquoi sa foi lui fut comptée comme justice. 23, Or, ce n'est pas pour lui seul qu'il est écrit qu'elle lui fut comptée comme justice ; 24, c'est aussi pour nous, à qui notre foi doit être pareillement comptée parce que nous croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus, notre Seigneur, 25, qui a été livré pour nos offenses, et qui est ressuscité pour notre justification.
Sans la foi, il nous est impossible de comprendre la moindre parcelle de l'Amour de Dieu envers nous. Sans la foi, nous ne pouvons pas comprendre quelles sont les vues de Dieu sur nous et sur tout homme, sur toute femme appelés à servir le Seigneur sur la terre, afin de régner avec Lui dans le Ciel ! La foi sert à réorienter notre vie : la foi en Jésus Christ proclamée dans l'évangile n'est pas destinée à nous rendre heureux sur la terre, mais bien à nous donner, dès ici-bas, le gage de la Vie éternelle, seule source du véritable bonheur !
Abraham a vécu de cette foi, et cette foi l'a justifié ! Ayant cru en la Parole de Dieu, Abraham reçut la vie de cette même Parole, une Parole qui est une nourriture, une nourriture qui inaugure, en celui qui la mange, la Vie même de Dieu ! "Celui qui est juste par la foi, vivra." (Rm 1, 17 ; Hab 2, 4) Cependant, Abraham vivait avant la venue du Messie : il espérait, contre toute espérance, la venue du Messie promis. Ce ne fut donc qu'en espérance qu'Abraham vivait de la Vie de Dieu. Une espérance qui, toutefois, lui permettait de goûter par anticipation combien est grande la miséricorde de Dieu envers lui et envers toute l'humanité...
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Mt 9, 9-13
Mt 9, 9, Jésus aperçut un homme installé au bureau du paiement des taxes ; il s'appelait Matthieu. «Suis-moi.», lui dit Jésus. L'homme se leva, et le suivit. 10, Comme Jésus était à table dans la maison, de nombreux publicains et pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. 11, Ce que voyant, les pharisiens dirent aux disciples : «Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?» 12, Jésus l'entendit : «Les gens vigoureux, dit-il, n'ont pas besoin du médecin, mais bien les malades. 13, Allez donc apprendre le sens de cette parole : "Je désire la miséricorde et non les sacrifices." (Osée 6, 6) Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.»
Abraham quitta un jour sa terre natale de Chaldée, pour suivre le Seigneur sur le chemin de la Terre promise. Ici, c'est Matthieu, le publicain, ou collecteur d'impôts, qui est appelé à suivre Jésus sur la route du Ciel. Je crois bien que si l'évangile que Jésus prêchait devait servir à rendre les hommes heureux sur terre, le Seigneur aurait laissé Matthieu à son comptoir, lui donnant juste quelques recommandations pour être honnête avec tous les contribuables. Au lieu de cela, Jésus dit à Matthieu : "Suis-moi." Ce qui veut dire : "Laisse tout cela et attache-toi à moi seul !"
Tous nous avons besoin de conversion : tous nous devons réorienter notre vie, par la foi, vers les réalités d'en-haut. N'ayons pas peur de tout laisser pour le Christ ! Quand la mort viendra, il faudra tout laisser. Si nous acceptons alors notre mort, nous pourrons mériter, à bon droit, la Vie éternelle. Dans le cas contraire, ne craignons-nous pas d'être fort attachés à toutes les créatures, et d'abord à nous-même ? Alors, pourquoi ne pas faire comme si la mort était déjà là ? Détachons-nous de tout ! Mais, par la foi, attachons-nous fortement au Seigneur !
"Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs." Nous sommes ces pécheurs que Jésus est venu chercher. Demandons-Lui pardon ! Aimons-Le de tout notre coeur ! Que, par Marie, la très grande miséricorde de Dieu déborde en notre âme !
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